
La soirée de Gala de l'Institut
Ne manquez pas le gala annuel de l'Institut de Duve, le 10 septembre.
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Le Professeur Jacques Van Snick est né à Bruxelles en 1951. Déjà pendant ses études de médecine à l’UCL, à Louvain, il s’était passionné pour la recherche sous la houlette du Professeur Joseph Heremans, inventeur du terme ‘immunoglobulines’ et découvreur de l’IgA. Avant même d’être diplômé, avec la plus grande distinction et les félicitations du jury en 1975, il avait déjà à son actif plusieurs publications scientifiques.
Ses premiers travaux à l’Institut de Pathologie Cellulaire et Moléculaire (ICP, rebaptisé depuis Institut de Duve) s’effectuèrent dans le laboratoire de Médecine Expérimentale (MEXP) dont le Professeur Pierre Masson avait repris la direction suite au décès de Joseph Heremans. De 1975 à 1986, mandataire du Fonds National pour la Recherche Scientifique, Jacques Van Snick a formé progressivement sa propre équipe constituée de Pierre Coulie et de Jean-Paul Coutelier, rejoints plus tard par Jean-Christophe Renauld, Frédéric Houssiau et Catherine Uyttenhove.
Au cours des années 80, Jacques Van Snick et ses collaborateurs contribuèrent de façon séminale à trois domaines de recherche principaux. Le premier l’a conduit à la découverte du mécanisme d’induction des anticorps anti-IgG, appelés facteurs rhumatoïdes, et de leur rôle dans l’élimination des complexes immuns, résultats qui firent l’objet de sa thèse d’agrégation défendue en 1982.
Le deuxième thème portait sur les cytokines. J. Van Snick fut le premier à décrire un facteur de croissance des lymphocytes B, qui allait s’appeler interleukine-6 et qui apparaît à présent comme une protéine multifonctionnelle impliquée dans de nombreux processus inflammatoires avec des applications thérapeutiques actuelles comme l’anticorps tocilizumab, bloquant le récepteur de l’IL-6. Quelques années plus tard, il identifia un autre facteur de croissance pour certaines populations de lymphocytes T, l’interleukine-9.
Le troisième sujet concernait les antigènes tumoraux, en apportant ses compétences immunologiques et son expertise de culture de lymphocytes in vitro, aux projets précurseurs sur l’immunothérapie du cancer de Thierry Boon, directeur de la branche bruxelloise du Ludwig Institute for Cancer Research. C’est ainsi qu’en 1986, Jacques Van Snick a rejoint cet Institut renommé.
Dans tous ses projets de recherche, Jacques Van Snick se montrait un expérimentateur innovant et pionnier : les premières cultures de lymphocytes, les premiers anticorps monoclonaux en Belgique, et une ouverture constante aux nouvelles approches technologiques. Ses qualités unanimement reconnues le firent élire naturellement à la présidence de la Belgian Immunology Society en 1988.
En 1991, J. Van Snick fut fauché par une voiture alors qu’il pratiquait le sport qu’il aimait tant et dans lequel il excellait : le cyclisme. A la suite de ce traumatisme, il dut renoncer à ses tâches d’enseignement de l’immunologie et à toute activité académique au sein de l’UCLouvain, qu’il quitta comme professeur émérite en 1996, tout en poursuivant une activité de recherche à l’Institut de Duve.
Jacques Van Snick a publié plus de 200 articles scientifiques, les derniers autour de l’induction d’autoanticorps inhibiteurs de l’activité inflammatoire de cytokines impliquées dans des maladies de pathogénie auto-immune ou allergique. Ses travaux furent couronnés par de nombreux prix scientifiques comme les prix Semper en 1983, Medisearch en 1988, Maggy et Robert de Hovre en 1988, de la Fondation Cancérologique de la CGER en 1990 et du 150e anniversaire de l'Académie Royale de Médecine de Belgique en 1991, et surtout le prestigieux prix International Interbrew-Baillet Latour que Jacques Van Snick reçut des mains de la Princesse Mathilde le 30 juin 2000.
Celles et ceux qui ont eu la chance de travailler avec Jacques Van Snick resteront marqués par sa personnalité hors-norme : travailleur inspiré et infatigable, généreux de son temps pour tout qui avait besoin de son aide, de ses conseils ou de ses connaissances, Jacques avait aussi l’art de créer autour de lui une ambiance chaleureuse, empreinte d’humour, qui rendait facile à vivre sa grande exigence de qualité et de quantité du travail si particulier de chercheur.
Nous adressons nos plus sincères condoléances à ses proches et à sa famille, en particulier ses filles Sylvie et Isabelle.