December 2025

Je suis une aventurière, sourit Wen-Hui Lien. Je viens de Taïwan, j’ai grandi dans un environnement très modeste, élevée par mon père. Très tôt, j’ai appris à être indépendante. À 18 ans, j’ai quitté Taipei pour étudier seule la biologie dans le sud du pays. Puis je suis partie aux États-Unis, alors que mon anglais était balbutiant… mais j’ai osé l’aventure.
À l’Université Rockefeller, là où Christian de Duve a eu son propre laboratoire, elle termine ses études postdoctorales. À l’époque, un ami belge lui parle d’un centre de recherche scientifique d’excellence : l’Institut de Duve. Cette perspective lui donne des ailes et elle s’envole sans hésitation vers notre pays plat.
Un an avant d’arriver en Belgique, j’ai postulé de manière indépendante, passé un entretien, évalué le projet scientifique. L’Institut de Duve m’offrait une vraie opportunité de créer mon propre laboratoire.
Elle débute donc une collaboration à l’Institut fin 2013 et y a, depuis, posé ses valises.
J’ai tout construit ici : une équipe, des projets, ma stabilité. J’ai obtenu une position permanente et j’ai eu mon fils. Aujourd’hui, je l’élève seule en Belgique. Ma vie est ici.
Quand elle aborde sa recherche sur les cellules souches de la peau, son équipe ou son laboratoire, son visage s’illumine.
Notre peau est un tissu vivant qui se renouvelle en permanence. Quand on se coupe, quand on se brûle, quand on vieillit, les cellules souches décident comment régénérer la zone abîmée.
Son équipe analyse cet équilibre fragile.
Si les cellules souches travaillent trop, elles peuvent créer un désordre, un début de tumeur. Si elles ne travaillent plus assez, la peau cicatrise mal. Ma recherche consiste à comprendre comment elles prennent leurs décisions.
Dans son laboratoire, elle étudie des protéines qui agissent comme de petites « antennes », à la surface des cellules. Ces récepteurs reçoivent des signaux et orientent le comportement des cellules souches.
Ses travaux pourraient un jour contribuer à mieux réparer la peau après une brûlure ou une blessure, à comprendre pourquoi certaines personnes perdent leurs cheveux, voire à bloquer la croissance de tumeurs cutanées.
Wen-Hui dirige son laboratoire et enseigne également. Une fonction qu’elle apprécie tout particulièrement. Elle adore discuter avec ses étudiants, à l’affût de nouvelles idées à développer.
Je suis animée par la curiosité. J’ai des « ups and downs » bien sûr,mais une simple discussion avec mes étudiants peut tout relancer. Ils posent une question, apportent un point de vue auquel je n’aurais jamais pensé…et tout repart. J’adore cette interaction.
Aujourd’hui, j’encadre trois doctorants et bientôt une étudiante en master. Je veux être proche d’eux, comprendre leurs forces, leur personnalité. Chaque étudiant est différent. Certains ont des tonnes d’idées mais s’éparpillent. D’autres ont besoin d’être challengés. Trouver la bonne manière de communiquer avec chacun fait partie de mon métier.
Être à la tête d’un laboratoire, c’est aussi diriger une mini entreprise…
Exactement. Je ne « fais » plus seulement de la science. Je suis un peu manager, un peu enseignante, un peu coach. Je dois aussi trouver des fonds, gérer un budget, recruter les bonnes personnes. C’est un vrai défi, mais j’aime ça.Ça fait partie de la vie scientifique.
Entre son laboratoire, ses étudiants et son fils, elle construit ici une vie bien remplie, à son image : exigeante et profondément humaine.
C’est l’ambition de notre projet Deep Ice Deep Eyes, l’acquisition du tout premier cryo-microscope électronique en Belgique francophone. Situé à l’Institut de Duve, cet équipement de pointe est capable de révéler, avec une infinie précision (1 million de fois plus petite qu’un grain de sable) les molécules qui orchestrent notre santé.
Dans chaque cellule, des millions de protéines s’activent pour faire tourner l’immense mécanique de la vie. Elles transportent, assemblent, signalent, réparent…mais lorsqu’elles se déforment, mutent ou s’associent mal, le chaos et les pathologies s’installent.
Pour comprendre ces maladies, il faut voir ces protéines telles qu’elles sont vraiment. Pas dessinées, pas modélisées… mais saisies dans leur état naturel.
C’est exactement ce que fait le cryo-microscope. À -180°, il capture les protéines sans les déformer et les révèle en 3D, jusqu’à l’échelle de l’atome. Une prouesse indispensable pour comprendre comment les maladies s’installent… et comment les combattre.
Quelques exemples concrets d’application :
Envie de participer à cette aventure scientifique hors du commun ? Ensemble, donnons à nos chercheurs le pouvoir de comprendre le vivant et d’imaginer les traitements qui changeront la médecine de demain !


Au terme de cette année, Isabelle de Duve quitte ses fonctions à l’Institut de Duve afin d’ouvrir un nouveau chapitre professionnel.
« Ces dix années en tant que Public Relations Manager m’ont offert le privilège de côtoyer des chercheurs de tout premier plan et des mécènes engagés, dont l’enthousiasme n’a cessé de m’inspirer. Je tiens à vous remercier très sincèrement pour ces années de collaboration et d’échanges, qui ont nourri ma motivation et enrichi mon parcours au quotidien.» Isabelle de Duve.
Aux côtés de Serge Schmitz, Head of Philanthropy, et de Sibylle Moreels, qui développe les relations avec les entreprises et les legs, nous avons le plaisir d’accueillir dans l’équipe, Marie-Sophie Thiéry au poste de Donor Relations & Philanthropy Manager. Forte de son expérience dans les milieux culturel et académique, ainsi que de son sens aigu du relationnel, elle sera une interlocutrice engagée et à l’écoute de chacun d’entre vous.
Voici les coordonnées de Marie-Sophie :
marie-sophie.thiery@deduveinstitute.be
Tel : 0476 38 00 43
