Second gène identifié à l'origine de malformations veineuses

 

Le groupe du Prof. Miikka VIKKULA (Laboratoire de Génétique Moléculaire Humaine, Institut de Duve, UCL) et du Prof. Laurence BOON (Centre des malformations vasculaires,  Cliniques universitaires Saint-Luc, UCL) ont identifié récemment un deuxième gène muté responsable des malformations veineuses (MVs). Ils avaient déjà montré auparavant que des mutations dans le gène TEK expliquent 60% des MVs, l’étiologie restant inconnue pour les autres 40% de patients atteints de MVs.

 

          

Le gène TEK code pour un récepteur tyrosine kinase appelé TIE 2. Récemment, les recherches effectuées par le Prof. Nisha LIMAYE (Laboratoire du Prof. Miikka VIKKULA) ont démontré que les effets pathogéniques des mutations dans TIE2 s’exercent principalement via la voie de signalisation du PI3K/AKT. En utilisant la technique du séquençage massif en parallèle, ainsi que le logiciel de filtrage des variants Highlander (développé par le Dr Raphaël HELAERS au sein du laboratoire du Prof. M. VIKKULA), l’équipe qui inclut aussi Antonella MENDOLA, M.Sc., a découvert que des mutations somatiques dans le gène PIK3CA, qui code pour la sous-unité catalytique p110a du PI3K, sont responsables de 20% des MVs. Ces mutations activent la même voie de signalisation que les mutations identifiées dans le gène TEK. Ainsi, des inhibiteurs de cette voie, tels que la rapamycine - dont l’efficacité a été prouvée sur un petit nombre de patients participant à une étude clinique pilote - pourraient être bénéfiques pour la plupart des patients (>80%) dont la maladie serait due à des modifications de la voie de signalisation du TIE2 ou du PIK3CA.

En plus, en collaboration avec le groupe du Dr Lauri EKLUND (Centre of Excellence in Cell-Extracellular Matrix Research, Oulu, Finlande), ils ont démontré qu’un inhibiteur de PI3K avait un effet encore plus puissant sur la normalisation des phénotypes cellulaires générés par les mutations identifiées. Ces résultats donnent beaucoup d’espoir pour que, dans un avenir proche, les patients atteints de MVs sauront être traités avec de nouvelles thérapies moléculaires plus efficaces encore que celles qui existent actuellement.

 

Référence de l'article:

L'article de N. Limaye et al., intitulé “Somatic activating PIK3CA mutations cause venous malformation”, a été publié dans la revue American Journal of Human Genetics, le 3 décembre 2015.


Communiqué de presse de l'UCL

 

Contacts:

Institut de Duve:

Site Web des Profs. M. Vikkula & N. Limaye: Genetic Bases of Human Disease

Prof. Nisha Limaye - nisha.limaye@uclouvain.be

Prof. Miikka Vikkula - miikka.vikkula@uclouvain.be

 

Cliniques universitaires Saint-Luc:

Centre des Malformations Vasculaires

Prof. Laurence Boon - laurence.boon@uclouvain.be

 


De gauche à droite: Matthieu Schlögel, Laurence Boon, Antonella Mendola, Miikka Vikkula, Nisha Limaye