Nouvelles perspectives dans le traitement du diabète

 

Le diabète de l’adulte, aussi appelé diabète gras ou de type 2, se caractérise par une hyperglycémie, c’est-à-dire un taux trop élevé de glucose dans le sang. C’est la forme la plus courante de diabète qui atteint des proportions épidémiques et touche plus de 5% de la population mondiale. Ses complications sont un enjeu majeur de santé publique tant sur le plan médical qu’économique. Cette hyperglycémie est la conséquence de plusieurs dérèglements. Parmi ceux-ci, on trouve une production excessive de glucose par le foie, sous l’effet du glucagon. Le glucagon est une hormone sécrétée par le pancréas et dont le taux est augmenté chez les diabétiques. Son action est relayée au niveau du foie par son second messager, l’AMP cyclique. L’équipe du Pr. Mark Rider à l’Institut de Duve vient de démontrer que l’AMPK, une protéine kinase impliquée dans le contrôle du métabolisme, s’oppose aux effets du glucagon. Ils montrent que l’activation de l’AMPK diminue le taux d’AMP cyclique dans le foie et pourrait donc contribuer à la diminution de la glycémie. Cette découverte publiée dans la revue scientifique "Nature Communications" de mars 2016, offre une nouvelle interprétation de l’effet hypoglycémiant de la metformine, le médicament le plus utilisé dans le traitement du diabète, dont on sait par ailleurs qu’elle active l’AMPK. Cette étude encourage en outre la recherche d’autres molécules capables d’activer l’AMPK et de bloquer ainsi la production hépatique de glucose, permettant un meilleur contrôle de la glycémie.

 

Mécanisme par lequel la metformine et le composé 991 antagonisent la voie de signalisation du glucagon

Contrairement aux biguanides telles que la metformine et la phenformine, le traitement par le composé 991 active l'AMPK sans augmenter la concentration intracellulaire d'AMP. Les biguanides et le composé 991 activent tous deux de façon dépendante de l'AMPK la phosphodiestérase 4B (PDE4B), isoforme exprimée majoritairement dans le foie. La metformine et la phenformine pourraient activer l'AMPK hépatique via une augmentation de la concentration de l'AMPK. L'activation de la PDE4B par phosphorylation induite par l'AMPK réduit l'accumulation d'AMP cyclique lors d'une stimulation par le glucagon. Par conséquent l'activation de PKA par le glucagon ainsi que la signalisation en aval sont inhibées dans les hépatocytes incubés en présence du composé 991, de part un effet dépendant de l'AMPK.

 

Référence de l'article :

L'article, intitulé "AMPK antagonizes hepatic glucagon-stimulated cyclic AMP signalling via phosphorylation-induced activation of cyclic nucleotide phosphodiesterase 4B" par Johanns M. et al., a été publié dans le journal Nature Communications le 8 mars 2016.

 

Communiqué de presse :
Le Soir, mercredi 9 mars 2016, p. 23: "Une nouvelle arme anti-diabète dévoilée par l’UCL".

 

Contact :

Website du Prof. M. Rider: Control of Cell Function by Protein Phosphorylation

Prof. Mark Rider: Mark.Rider@uclouvain.be